Ginette KOLINKA, infatigable témoin de l’horreur nazie pour les jeunes passeurs de mémoire

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Accueillie au lycée les 02 et 03 mars, Mme Ginette Kolinka a délivré devant tous les élèves de Terminale, lors de deux interventions exceptionnelles, son message d’espoir d’un « monde sans haine » à travers le récit de « sa » vie, « son histoire », celle d’une rescapée du camps de Birkenau.
                             
                                Mme Olszewski à l’initiative de cette rencontre a retracé le contexte du Projet pédagogique « AUSCHWITZ »
​Près de deux heures à reprendre les détails de son destin et celui de sa famille, juive, qui a fui Paris en 1942 pour rejoindre la zone libre.
Arrêtés le 13 mars 1944 à Avignon, Ginette (dernière des 6 filles), son père, son petit frère Gilbert et son neveu Georges passent par les Baumettes et Drancy avant de monter, le 13 avril, dans un des convois vers le camps d’extermination. « A Drancy, j’ai toujours cru qu’on nous avait arrêtés pour aller travailler » se souvient Ginette.
Trois longs jours de « voyage » et, à  la descente du wagon, la séparation : frère et père sont conduits d’emblée à la chambre à gaz.
Les champs, « l’usine », la fumée des cheminées, des barraques à perte de vue, un camps de travail ?
En réalité c’est le début de l’horreur nazie pour toutes ces femmes qui affluent, l’humiliation, la faim, la fatigue, la maltraitance, le tatouage du numéro « 78599 » sur son avant-bras gauche qu’elle a gardé.
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Survivre coûte que coûte, « il ne fallait montrer aucune faiblesse pour éviter la chambre à gaz ».
Novembre 1944, Ginette est emmenée de Birkenau au camps de Bergen-Belsen, elle échappe ainsi à la marche de la mort de janvier 1945 qui précéda la libération du camps le 27.
Libérée du camps en avril 1945, elle est rapatriée à Lyon puis remonte à Paris où elle retrouve ensuite sa mère et ses soeurs dans l’appartement familial qui, entre temps, avait été réquisitionné par les Allemands.
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« Voyez jusqu’où peut mener la haine…. j’espère que vous serez de bons passeurs de mémoire pour que ça ne recommence plus » a conclu Ginette Kolinka avant d’échanger avec beaucoup d’entre eux et d’écrire quelques messages dont la richesse est inestimable.
Ginette Kolinka, 98 ans, est l’une des dernières survivantes des camps de la mort :  « J’ai eu une vie heureuse et de la chance » dit-elle.
Elle passe sans relâche son temps depuis une vingtaine d’années sur les routes de France du Nord au Sud, d’Est en Ouest pour sensibiliser les jeunes générations.
Une rencontre inoubliable pour chacun.
  Les élèves de Sophie deviennent « ​Passeurs de mémoire » ​​